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Le Mouvement Emmaüs est né en novembre 1949 par la rencontre d'hommes privilégiés, ayant pris conscience de leurs responsabilités sociales devant l'injustice, et d'hommes qui ne possédaient plus de raison de vivre. Les uns et les autres décidant d'unir leurs volontés et leurs actes pour s'entraider et secourir ceux qui souffrent, dans la conviction que c'est en devenant sauveur des autres que l'on se sauve soi-même.
Les difficultés d'après-guerre 1947 en France : des milliers de familles ouvrières sont sans logement décent. Les raisons ? Plusieurs décennies sans construction de logement social, puis les destructions de la Seconde Guerre mondiale. Prêtre catholique et ancien résistant, l'Abbé Pierre est élu député. Il loue une maison à Neuilly-Plaisance, près de Paris. Emmaüs : un nom d'espoir, la rencontre entre un privilégié et un désespéré Dans un but de réconciliation entre les peuples, il y ouvre une auberge de jeunesse internationale. La jeunesse d'après-guerre a besoin de retrouver espoir. L'Abbé Pierre appelle cette maison "EMMAÜS", du nom du village de Palestine où, selon la Bible, Jésus apparut le lundi de Pâques, ressuscité, à ses disciples. Ceux-ci reprirent espoir et s'en retournèrent à Jérusalem pour rapporter la bonne nouvelle. Novembre 1949 : appelé auprès d'un homme désespéré qui a tenté de se suicider, l'Abbé Pierre lui propose de venir l'aider… à aider les autres : construire des logements pour des familles sans-logis. Georges, devenu ainsi le premier compagnon d'Emmaüs, reçut ce jour-là la seule chose dont il avait besoin : non pas de quoi vivre, mais une raison de vivre. Les chiffonniers bâtisseurs D'autres hommes désespérés arrivent à Emmaüs. Les familles demandant un logement se font plus nombreuses. Pour elles, les compagnons construisent des logements d'urgence. Aux normes administratives, l'Abbé Pierre oppose le "Permis de Vivre". L'indemnité parlementaire pourvoit à la subsistance des compagnons et finance les constructions. En 1951, l'Abbé Pierre quitte le Parlement. Sans indemnité parlementaire, la caisse est vide et l'Abbé Pierre se résout à mendier dans Paris. L'apprenant, les compagnons refusent et trouvent la solution : faire les poubelles. Rapidement, ils s'orientent vers le débarras de logements, pour récupérer et vendre matières premières et objets d'occasion. Une règle naît : "Jamais nous n'accepterons que notre subsistance dépende d'autre chose que de notre travail." Hiver 1954, un froid très rude frappe Paris. Expulsée de son logement, une femme meurt de froid dans la rue. Un bébé meurt dans une caravane. Le 1er février 1954, l'Abbé Pierre lance un vibrant appel à la radio. La France entière réagit et les dons affluent de partout : couvertures, appareils de chauffage, argent, meubles, ferraille… A travers le monde La popularité de l'Abbé Pierre et de ses compagnons bâtisseurs fait le tour du monde. Leurs actions et leurs combats rejoignent ceux menés dans d'autres continents : Asie, Amérique Latine… d'où on leur demande conseil. Des universités ou groupes chrétiens invitent l'Abbé Pierre pour des conférences : Canada, États-Unis, Chili, Suède, Liban… A partir de 1956, il entame une série de voyages à travers le monde. En 1963, il visite les groupes Emmaüs d'Amérique Latine. Son bateau fait naufrage dans le Rio de la Plata et la presse mondiale annonce sa mort. Jusqu'alors seul lien entre tous ces groupes à travers le monde, l'Abbé Pierre décide de convoquer une assemblée mondiale. La création d"Emmaüs International Durant six années, il visite les groupes Emmaüs en tous pays pour préparer la première assemblée mondiale. En 1969, à Berne (Suisse), 70 groupes de 20 nations adoptent le Manifeste universel du Mouvement Emmaüs et décident la création d'un secrétariat international de liaison. En 1971, l'assemblée générale de Montréal (Canada) adopte les statuts de l'association Emmaüs International "pour poursuivre l'action commencée en 1949" et délimite géographiquement les régions. L'Amérique du Sud s'organise la première ; la France fait de même à partir de 1978 (pour devenir officiellement Emmaüs France en 1986). Un projet politique Concilier l'autonomie de ses membres, ainsi que leurs actions et leurs réflexions, est l'un des défis qu'affronte Emmaüs International depuis son origine. Progressivement, il devient une référence pour ses membres. Son document fondateur, le Manifeste universel, est interprété et complété par d'autres documents prenant en compte l'évolution d'Emmaüs et du monde. "Promotion des individus (déshérités) et des communautés, (afin qu'ils deviennent) des agents provocateurs du changement désiré", "adhérer aux groupes dits de pression pour le changement", "s'intéresser aux groupes sociaux et peuples opprimés par les systèmes en place", "mise en cause des structures de la société actuelle et des systèmes politico-économiques", ces expressions datent de l'assemblée générale de 1971. Mais il faut attendre la 6ème assemblée générale en 1988 à Vérone (Italie), pour qu'une majorité de membres adopte des orientations valables pour tout le Mouvement. Pour une égalité Nord-Sud La décennie 1990 est marquée par la percée des groupes Emmaüs en Afrique et en Asie du Sud et du Sud-Est, l'expansion en Amérique Latine, l'émergence de l'Europe de l'Est, l'instauration de relations Sud-Sud. Luttant pour donner leur place aux plus pauvres dans la société, Emmaüs International cherche à faire de même en son sein. Défendre des droits fondamentaux Les années 2000 sont marquées par l'Assemblée Mondiale Emmaüs en 2003 au Burkina Faso (la première en Afrique), où des orientations politiques mènent, à l'Assemblée Mondiale 2007 à Sarajevo, le Mouvement Emmaüs à définir comme prioritaires les actions suivantes : l'eau comme droit fondamental, la lutte contre l'esclavage contemporain et les droits des migrants, la finance éthique, la Mutuelle Santé Emmaüs en Afrique, la Mutuelle Education Emmaüs en Amérique du Sud. Des combats plus que jamais d'actualité ! |